BURDIGALA-CITY, déambulations et tribulations d'un gabay dans la jungle urbaine

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi, octobre 31 2009

Coum un ho sous ine mue

O y'a in bout d'temps, jh'vous avais causé d'ine affaire à propos de peurots. Jh'avais autou d'mandé qu'é t'o qu'o voulait bin dire "coum un ho sous ine mue". Tielle histouère a pris quèques tornants que jh'srai point benaise de vous conter iqui. Teurjous es-t'o que M. Pouffarin et Mme Chantal se sont mis à deux pour m'espliquer ce qui s'aviant. Jh'me seu dis : "M'en va t'zou calouner tielle esplication in d'tié les jhors din tieu biog". Ahi don.

Une mue est un genre cage cylindrique en grillage, ou quelques fois carré, d'environ 1,50m sur 1,50m, que l'on met en principe dehors, pour préserver les jeunes poussins et leur mère, ainsi que leurs aliments, des autres poules et autres bestioles, le bas ayant des petites ouvertures qui permettent aux petits de sortir. Quand ils sont un plus gros, la mère est mise dehors, et la mue ne sert plus qu'a préserver le manger pour les petits qui eux peuvent toujours y rentrer.
Il faut alors imaginer un coq, mis sous cette mue, regardant toutes ses poules se balader autour de lui et ne pouvant pas satisfaire ses désirs bien légitimes de coq.... = "S'amuse comme un jo sous une mue".

Explication fournie par Chantal sur ce blog et par M. Pouffarin par le biais d'une sienne cousine (sont-ce une seule et même personne ?). Voici donc une erreur réparée, mes excuse à M. Pouffarin pour avoir tardé à le faire.

C'était notre rubrique "je m'instruis grâce à Foxy".

dimanche, août 23 2009

Les peurots

Trouvé sur internet, une version poitevine d'une chanson qu'on me chantait quand j'étais "drole". "Les peurots", autrement dit les dindons. A partir de cette version, j'ai reconstitué la version saintongeaise que je vous livre maintenant :

H'avions quat' peurots ben gras
Qu'étiant tertous malades,
D'avouèr avalé des lumas
Qui manhiant nous salades.
J'he m'a dit "boun hens, y z'allant bâsi,
He pouvons pu attende
Z'avant l' virouna, n'en guérirant pas,
O faut qu'h'allions les vende (bis)"

Asteur j'h'me dis : j'h'm'en vas do coup
Fini totes mes affaires
Et d'main avec nos quat' perots
H'emmenrons nout' bestiaire
Ma femme et mes viaux, les drôles, mes agneaux
Et husqu'à ma belle-mère,
Dans un grand bouquion, he nous entasserons
Et h'hirons à la fouère (bis)

Su la grande piace de Saint-hean
O y a ine estatue
Qu'a l'air de s'enneuiller bouns hens
Coum un hau din ine mue
O l'est un gaillard, qu'a pas l'air raillard
Et raide dans ses thieulottes
Il est tot en far, porte in habit var
Avec une ardingote (bis)

Coum o faisait to huste clair
Ine boune idée, m'est v'nue :
Si j' nous installions à tuer l' ver,
De conte tielle estatue
Tertous sur un banc à bouèr do vin bian
A s' fare sabrer la goule
Et j'h'en sais trop reun, j'h'cré ben nom d'un heun,
Ma belle-mère était soûle (bis)

Tot à co ma femme s'ébrauillit
Coum un hau en coulère :
"Nos perots sont tertous partis,
A moué donc, tielle misère !!!"
Pendant que h'buvions et que h'bavassions,
Tot doucement, par darrière,
Quêques mauvais calins, j'h'en seu bin certain
Avant pris nout' bestiaire (bis)

Mon drôle d'Ugène qu'est un biton,
Et qu'est fin coume une grôle
Dit : o l'est sûr que h'les retrouv'rons,
Qu'i nous dit thieu pauvre drôle,
Peur les appeler, h'avons qu'à subrer,
Y répondrant tot de suite,
Tot l' monde va subrer peur les appeler
Y'répondrant ben vite (bis)

H'subrons tertous Ugène et moué
Et husqu'à ma belle-mère
La pauv' femme, respect que j'hvous doués
En tomba su' l' darrière
Et turlututu subras, subras-tu,
L'en faisait ine musique
Et turlututu subras, subras-tu
H'en avions la colique (bis)

Tot à cop ma femme me disit,
"Entends-tu tieu tapahe ?
Nos perots sont pas loin d'ithy,
Entends-tu zeu ramahe ?"
Nos perots volés se teurviant cahés
Darrière un tas d' brindilles
I nous appeliant et h'leu répondions
Coum qué'qu'un d' la famille (bis)

J'h'me précipite var tiel endrét
En subrant d' totes mes forces
Et j'h'vis un grand gas qui courait
Et qu'avait les hambs torses
I m'dit don "sti quéq vous v'lez mon ami ?"
"J'h'veux mes malheureuses bêtes".
Coum i s'arrêtait point j'h'y flanque un cop d' poing
Et j'h'y caboche la tête (bis)

Asteur j'y dis c'est pas tout ça
Vous m'devez cinq pistoles
Ou ben avec tieu po en bois
J'h'vous ébouille su le sol.
Vous parlez d'un gas qui n'attendit pas
Et qui n' fit point d' manières
I m'doune moun arhent, j'h'le serre en disant :
J'h'ai fait ine boune affaire (bis)

Un peu de vocabulaire :
Luma : Limace
Virouna : Tournis, vertige
Asteur : Là, maintenant, tout de suite
Thieulottes : Culottes
Goule : Bouche
S'ébrauiller : Crier
Teurtous : Tous
Câlin : Fainéant, mauvais garçon
Drôle : Garçon
Biton : Désigne soit un jeune homme, soit quelqu'un de bien malin, de dégourdi
Grôle : Corneille
Subrer : Siffler
Po : Piquet
Ebouiller : Ecraser
Tuer le ver : Boire à jeun, directement

En revanche, je suis en recherche de la signification exacte de l'expression : "Coum un hau din ine mue". Si quelqu'un a une idée, elle sera bienvenue !

mardi, août 11 2009

Il revient à ma mémoire...

Une petite pause dans mes déambulations européennes, pour revenir parler un peu do parlanhe gabay. Au hasard de mes recherches, je suis tombé sur l'excellent site suivant : http://chapiteaux.free.fr/DANSES-TR.... Il s'agit du groupe les déjhouqués (je vous laisse un peu chercher la signification...) qui joue des musiques et danses de Saintonge. Ravi de l'aubaine, je me met à écouter et là...

D'un seul coup, j'ai pris en pleine mémoire les chansons que me chantaient mes grands-parents. Des chansons dont j'avais oublié jusqu'à l'existence et qui me sont revenues comme des souvenirs si familiers :
Tins tu bon, h'allons galoper
Si tu tins pas, tu cherras Marie-Louise
Tins tu bon, h'allons galoper
Si tu tins pas, tu cherras din l'foussé

Des chants et danses paysannes pour célébrer des moments de l'année, mais aussi pour dire des joies et des peines, à l'image de cette chanson rendue célèbre bien plus tard et qui nous vient des "culs salés" charentais :
A la pèche aux moules, je ne veux pas y aller (Maman)
Les garçons de Marennes m'ont pris mon panier (Maman)
Les filles sont fidèles comm' l'or et l'argent (Maman)
Les garçons sont volages comm' la pluie et l'vent (Maman)
Ah! Ah! Quand ils vous tiennent ces jolis enfants (Maman)
Ils vous font des caresses et des compliments (Maman)
Je la chantais quand j'étais enfant sans bien comprendre bien entendu, en quoi consistait le "panier" que les garçons avaient bien pu prendre à cette damoiselle.

Pour finir, cette version de la "Fille de la meunière" :
C'est la fille de la meunière
Qui voulait se marier
Son papa n'en voulait guère
Sa maman n'en voulait pas
Différente de celle trouvée sur le site, c'est celle que j'ai toujours entendue chanter. Mais il est vrai que cette gigue connaît tellement de versions dans toute la France, que les variantes pouvaient se décaler à quelques kilomètres de distance.

Pour terminer ce petit voyage en parlanhe, je vous conseille l'excellent article de notre jeune ami Tony Martin sur les noms de lieux en pays gabay : http://monpatoislegabaye.blogspot.c....
Celà me rappelle d'ailleurs que je vous avait parlé de cette propension qu'ont les saintongeais à châfrer, c'est à dire à donner des surnoms aux gens. Voici quelques châfres donnés aux gens de ma commune à l'époque ou j'étais drôle.

Haspi : O l'est ine qu'aime ben haspiner, dire do mau, l'ver la peau do monde. Désigne quelqu'un qui aime commérer, dire du mal des gens (littéralement "lever la peau", expression parlante je trouve !).
Toto + autre chose pour compléter : Désignait des familles qui avaient pour habitude autrefois, d'aller chasser et pêcher... mais "à la muette", quand o fait gran-neu et qu'les hens avant pas b'soin d'savouèer ce que h'faisons. Pour être discrets et ne pas être reconnus en cas de rencontres malvenues (gardes-chasse par exemple), ils se nommaient tous "Toto".
Si h'm'énarve : Si je m'énerve... Désignait quelqu'un qui justement, n'était pas très ébouhant (pas très rapide).

En espérant vous avoir donné envie d'aller parcourir ces sites. Les liens sont à droite de la page !

- page 1 de 2