Pour bien me faire comprendre par rapport à la note précédente : Lorsque je vante le mode de vie berlinois, ce n'est pas en référence à un quelconque modèle gaucho-bobo à la parisienne. Non. Si les berlinois sont cools, s'ils cherchent et recyclent, ce n'est pas seulement par effet de mode. C'est aussi parce qu'ils sont fauchés, en tout cas la majorité d'entre eux. Et puis, autre différence avec Paris : ici, on ne fait pas attention à votre façon de vous habiller. Cool, chic, destroy, on s'en fiche. Et encore un conseil : ici, si vous avez envie de voir des artistes au travail, il suffit de demander ! Ben oui, pas d'artistes maudits à la noix comme Paris en regorge. Juste des gens tranquilles, qui bossent et vous font partager leur travail. Et puis enfin, à priori, pas trop d'egos hypertrophiés (mais ça viendra peut-être). Voila aussi ce qu'est Berlin : chic et fauchée, classe et décontractée. Tout un état d'esprit...

Notre promenade commence au nord, avec le quartier de Prenzlauer Berg. Ancien quartier "pourri" de la partie est, tout déglingué, insalubre et mal entretenu, il était devenu le symbole de la faillite de l'ex RDA. Ce fut le quartier alternatif par excellence, plein de squatts d'artistes et de repaires de marginaux divers. Les temps ont bien changé, l'ambiance y est maintenant plus bobo, mais toujours jeune et pas très friquée. Les immeubles se rénovent, le quartier se couvre de restos branchés et de bars à vins, la Kastanienallee est devenue l'endroit ou il faut se montrer. Et pourtant...

Pourtant, pour qui le voit pour la première fois, ce quartier dégage un charme extraordinaire. D'abord, parce que les trottoirs restent défoncés, les jardins sont sauvages et les immeubles lépreux n'ont pas tous disparu. Les coins destroys existent encore, il faut juste les chercher. Ensuite, les habitants ont conservé cet esprit de décontraction et de résistance qui fait le sel de la visite. Artistes qui prennent le frais dans la cour de leur squatt, bistrotiers qui conservent pieusement une portion de mur pourri dans leur établissement, ouvriers qui restaurent les immeubles, jeunes parents sur la Kollwitzplatz, cadres qui se rendent au taf à vélo... même les flics sont tranquilles, bonhommes et serviables ! Un autre monde, quoi.



Il faut dire aussi que les berlinois ne se sentent pas obligés d'êtres indisciplinés pour se sentir en révolte. Bref, voilà un quartier à vivre et à parcourir. Pour terminer, je parlerai de la dernière portion de mur encore conservée, sur quelques centaines de mètres, qui se trouve en lisière du quartier. On y trouve aussi des traces de l'ancien chemin de ronde des "vopos".



Pour le reste, les traces du mur s'effacent lentement : une partie du no man's land est devenue un parc (le "mauerpark"), tandis que la postdammerplatz est devenue le symbole du Berlin nouveau et triomphant. Mais j'en parlerai bientôt... Je vous laisse maintenant avec quelques photos :



Credits photos : Sea-Line et Foxy